bouquet final

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En guise de, un beau paquet de merde...
On doit se retrouver chez moi aux environs de demain midi pour qu'Harold monte mon lit (situation ô combien symboliquement bizarre, je trouve). Harold m'appelle en se levant, vers quatre heures, et on convient de ça, et que je rentre vers sept-huit heures.
Dans les faits, à sept heures, je pars de chez ma dernière mémé du jour, au Prado, et je passe chez moi déposer les bricoles que ma mère m'a inévitablement refourgué à midi. Puis j'avise que je suis censée rendre mes tableaux de suivi de kilométrage au boulot demain, et qu'en l'état ce sont des torchons, avec en plus plein de petites erreurs qui peuvent me coûter cher (merci Sophie pour la non-explication de la procédure...). Comme mon scan est en panne, je passe voir si Raph est à l'équinox et si je peux moyenner l'utilisation du sien. Bingo. Pendant qu'il finit d'aider son pote de la guilde à démolir les méchants, j'ai le temps de constater que sa notion du quart d'heure est fortement élastique, et on décolle vers huit heures et demi. Je pensais avoir plié cette histoire de scan à neuf heures, mais quand on arrive, c'est le dîner, et j'ai pas le temps d'ouvrir la bouche que je suis invitée à la remplir en bonne compagnie. Bon, je vais pas non plus dire "Ah ben non moi je suis juste venue pour le scan et je me casse", ça ferait un peu trop mauvais genre. Donc repas, bonne ambiance, Lise est trop rigolote, le chat aussi, bref, l'heure tourne tranquille et je profite de la carpe du jour, ah ah. Je scanne, j'envoie sur ma boite, Raph me montre un truc pré-apocalyptique du genre qui plait à mon frangin, et je cherche mon portable pour voir l'heure [note : où l'on constate que je suis irrémédiablement atteinte, vu que l'heure, je l'avais sur le pc, sous les yeux...]. Pas de portable, il est dans la voiture, ah ah [en même temps je venais de faire un joli créneau avec un cm derrière et neuf devant, donc j'avais pas trop la tête à checker tout mon bordel]. Comme les aiguilles approchent de dix heures, je comprends que ça urge, et je file [nantie d'une interrogation du papa à propos de ma permission de sortie...]. Evidemment, trois appels et deux messages en absence, y en a un qui serre grave là-haut. Re-bingo. Quand j'arrive, "T'as faim ?", et oui ça fait une heure qu'il m'attend avec sa salade amoureusement préparée, à base de toasts de foie gras et de tomates cerise... donc méta-engueulade sur le thème de la gestion des imprévus, Harold arguant que j'aurais pu lui passer un coup de fil pour le prévenir de mon retard, et moi tentant de lui expliquer que dans "imprévu", y a la notion de "pas" devant la notion de "prévu", donc que par définition intrinsèque, je ne PEUX PAS le prévenir, ni l'avertir, encore moins sortir au milieu du repas en gueulant "putainmonportablefokjapèlarold".
Sur ce, argument final : "Tu dois me rendre des comptes tant que tu es encore chez moi". Du coup au lieu de la culpabilité c'est la colère qui m'est montée, et je lui ai rétorqué (en bref) que c'était 1) hors de question, 2) bien là le problème de notre histoire.
J'ai recopié mes tableaux pendant qu'il s'énervait sur les murs de la chambre, et quand j'ai commencé à être vraiment énervée, attention la riposte qui tue, je suis partie kärchérisé la vaisselle pour me passer les nerfs [j'ai pensé prendre la bagnole et descendre chez moi mais le lit est dans le camion et il y a une absence de degrés centigrade assez prononcée ce soir :) ]. Là il est couché, et moi je cogite.
Je crois qu'il a du mal à accepter le temps que je passe avec Raph, vu qu'il est [conscient d'être] irrationnellement jaloux de lui. Ce qui est tout à fait compréhensible, et ne modifie pas son comportement, au sens où il sait qu'il n'y a rien de fondé. Le truc, c'est que ça embrouille ses idées et ses sentiments, qu'il n'y a pas loin de l'amour à la haine quand ils sont passionnels, et qu'il souffre énormément de la situation en général. Bon, et puis faut bien dire que Raph est grand, brun, charmant, gentil et serviable, ce qui en fait le gendre idéal pour ma mère [comme tous mes potes sauf Harold, pas de bol :)] et l'ennemi viscéral pour Harold. En même temps, est-ce que c'est pas un peu normal qu'en ce moment je sois plus à l'aise avec un ami qui me prend pas la tête, qu'avec un homme qui ne supporte pas l'idée que je puisse avoir besoin d'exister en dehors de lui ? C'est marrant comme pendant des semaines j'ai l'impression que notre "séparation" se passe de manière relativement zen, et comme d'un coup, sur une connerie fondamentale, je me prends en pleine gueule toute la souffrance d'Harold, que je minimise et nie au quotidien (faut bien se protéger, et j'ai pas le beau rôle dans cette histoire).
D'un autre côté, cette montée de colère et d'énervement m'a fait repenser à ce que disait Raph, encore lui : être célibataire, c'est n'avoir de comptes à rendre à personne. Et c'est ça que j'apprécie en ce moment, faire ce qui me plait sur le coup, sans horaire, sans souci, sans culpabilité. Oui, je sais Del, j'ai du caca plein les yeux de pas comprendre plus rapidement, mais c'est la première fois que je me retrouve dans l'état d'esprit d'une célibataire :) et j'ai grave les boules de lui faire du mal.
Enfin, on verra demain, lit ou pas lit, je flippe un peu - et en même temps c'est terrible, j'ai l'impression de m'en foutre complètement, alors que je l'aime quand même encore. Comme c'est prise de tête, si on y réfléchit :) ce que j'ai passé l'âge de faire :D
Bonne nuit et bravo si vous avez lu jusque là :)

 

Laissé par : Hélène le 23 mars à 19:30

J'ai tout lu... J'ai gagné quelque chose ?? :p
 
Laissé par : Attignie le 23 mars à 21:17
Et bien moi aussi j'ai tout lu, mais bon c'est un peu dans le contrat de soeurette je crois :)
en tout cas, je partage ton avis, comme quoi tu vis cette séparation un peu à la légère, ou du moins sans voir la souffrance qu'il peut y avoir derrière, parce que nous sommes quand même des adultes rationnels et responsables, et on va pas se prendre la tête non ?
En vrai, tu ne peux rien y faire, dans la vie on ne peut pas toujours avoir le beau rôle et ce n'est pas parce qu'on se vit dans la peau de la méchante égoïste qu'on l'est ou que l'on doit s'en vouloir.(j'ai un peu du mal à m'exprimer ce soir, en même temps, les lettres dansent devant mes yeux et je vois des cerises et des groseilles partout, ça me fait un peu flipper !)
Bref, ce que je veux dire, c'est que parfois, on est dans une situation où il vaut mieux ne pas trop cogiter sur ce qu'on fait, ce qu'on ressent et ce que ressentent les autres. C'est vrai qu'il faut que tu te ménages et que tu ménages Harold, mais en même temps, comme disent les anglais, ' c'est la vie', et on ne peut pas toujours tout contrôler.
Bref, bon courage pour la suite des évènements, continue de ne pas trop y penser, tu auras tout le temps de faire ton analyse de la situation quand tu y verras plus clair . En attendant, on est là en cas de besoin !
 
Laissé par : Hélène le 24 mars à 21:08
Alors ce déménagement ?
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Publié dans petites histoires

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