Marseille

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Pourquoi ? Marseille est une ville sale, bruyante, agitée, incivique, qui se rêve rebelle. A fuir si on aime l'ordre, la discipline, le sens de la vie en société.
Mais il y a les sensations. L'odeur de la vase du Vieux Port, et cette brume incroyable un soir, au nom pluriel, improbable et savant d'"entrées maritimes". Un mimosa géant qui embaume à Montolivet. La lumière, tout le temps. Les ricanements des gabians illuminés qui tournent au-dessus de la Préfecture comme des sacs plastique un jour de mistral. Les couleurs et les cris du marché des Capucins, les embruns sur la vitre du bus quand on longe la Corniche, cette grotte à la Pointe Rouge après une heure de grimpe.
Et il y a les gens. Des gens partout et de partout. Les cagoles qui montent et qui descendent la rue St Ferréol, déambulant bras dessus bras dessous le samedi après-midi. Les élégantes black en tailleurs boubous multicolores, coiffe comprise. Les mammas comoriennes en voile malgache. Les messieurs en robe longue, petit chapeau et babouches brodées. Les kékés et leurs coupes de cheveux ridicules, leur frange en peigne, leurs baskets qui piquent les yeux, leur petite pochette Burberry. Les rombières du huitième qui vous regardent de haut, le chihuahua en tartan sous le bras, en montant dans leur quatre-quatre - indispensable pour escalader les trottoirs.
Malgré sa totale incapacité à admettre le bien-fondé d'une quelconque forme de gestion, ou d'une vision à long terme, ou d'une communication efficace, cette ville s'avère attachante - un mystère que j'ai du mal à comprendre, tant la vie n'est jamais facilitée par le moindre éclair de génie citoyen.
En fait, et même si cela nécessite une indéniable habilité à la pratique du slalom, Marseille est belle quand on lève les yeux. Et quand on y cherche le mouvement et la vie, chers à Dionysos.
J'aime bien photographier les immeubles du centre-ville, nantis de détails improbables, cariatides, têtes sculptées, dentelles de fer forgé, terrasses, tourelles, mosaïques...
J'aime bien aussi "immortaliser" les graphs avant qu'ils ne soient recouverts, les peintures murales en général, et les fresques de papier apparues depuis deux ou trois ans, souvent signées de Pom.
Bien sûr, étant donné la faiblesse de mon talent, j'ai surtout utilisé des appareils jetables. J'ai tout de même récupéré un argentique, dont le grand avantage est de posséder une petite fenêtre de cadrage dans le viseur, ce qui me permet, en prenant mon temps, d'améliorer petit à petit mon gros défaut. Car loin d'être une experte, vous constaterez que j'ai beaucoup de mal avec le cadrage. Seules les photos les plus récentes montrent une certaine amélioration, voire des effets de style (ouh la la…). Par conséquent, vos conseils sont les bienvenus - j'ai déjà réussi à enlever mon doigt de l'objectif, à tenir mes cheveux pour éviter qu'ils ne passent devant, et à me mettre presque assez loin pour prendre effectivement ce que je vois, et pas un premier plan improbable. Mais y a encore du boulot...
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Publié dans balades_Marseille

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